Source: Maville - Rennes
Des cris de singe à chaque fois qu'un de ses joueurs de couleur touchait le ballon. Des insultes racistes en rafale. Samedi à Ajaccio, la Coupe était vraiment pleine pour le Stade Rennais, qui a dû faire face à l'une de ses ambiances détestables dont la Corse s'est fait une spécialité. Pascal Chimbonda, l'ex-joueur de Bastia, n'en pouvait ainsi plus d'entendre « Sale Noir, mouille le maillot ! ». Il a quitté la Ligue 1 pour Wigan en Angleterre.
Un phénomène pas cantonné à l'île de Beauté, devenue le temps d'un match celle de toutes les saletés. Car on en entend aussi de belles à Paris et ailleurs. Au point que la France pourrait devenir aussi contaminée que l'Italie et l'Espagne.
Mais jamais le défenseur central brésilien du Stade Rennais José Adailton n'avait connu une ambiance aussi détestable. Son témoignage.
José Adailton, expliquez-nous le climat dans lequel vous avez disputé votre rencontre face à Corte.
C'était vraiment spécial. Au départ, on y va juste pour disputer un match de football. À l'arrivée, on se fait agresser verbalement sur et en dehors du terrain. Je n'avais jamais connu cela de ma vie et de ma carrière. En championnat, à Ajaccio et à Bastia, on n'avait jamais vécu de tels agissements. Cette fois, le climat était très tendu sur le terrain. Je ne m'attendais vraiment pas à ce genre d'accueil. Bien sûr que j'ai déjà vu des choses de la sorte à la télévision. Mais lorsque vous le vivez, c'est encore plus impressionnant. Une honte !
Deux jours après ce match, vous semblez encore sous le coup de la stupeur...
Ce qui s'est passé là-bas m'a profondément touché et déçu. Comment oublier un tel match lorsque des joueurs et des supporteurs vocifèrent des cris de singe à chaque fois qu'un joueur de couleur touche le ballon ? Un tel racisme, c'est scandaleux. Le pire, c'est que dans l'équipe de Corte, il y avait un Black qui nous insultait également. Un comble !
Avez-vous eu peur ?
Non. Je n'ai pas eu le temps de prendre conscience de la gravité de ces comportements durant le match. Une fois dans le vestiaire, j'ai vraiment réalisé que certaines personnes avaient franchi la ligne. J'étais triste. C'est quelque chose que l'on ne devrait pas voir. Cela a choqué toute l'équipe. J'espère ne plus jamais revivre cela.
Est-il possible d'oublier ce qui s'est passé à Ajaccio ?
Je dois oublier Corte au plus vite pour me replonger dans le championnat. Heureusement, le match du Mans arrive vite et va me permettre de tourner la page. Ce genre d'événements n'arrive pas non plus toutes les semaines. On voit beaucoup de campagnes contre le racisme et c'est navrant de voir que des êtres humains se comportent encore de la sorte. Il est urgent de faire un pas en avant en changeant les mentalités pour ne pas reproduire les erreurs du passé.
{source: Maville - Rennes}
10 janvier 2006
00:14:00